Témoignage d'Agnès Preyssat, Agricultrice à Saint-Laurent-Chabreuges (Haute-Loire)

Porteur d’une politique globale de compensation et de diminution de son empreinte carbone, le groupe Butagaz soutient les acteurs de la production de gaz biosourcé en France. Onze partenariats, d’une durée de 15 ans, qui représentent 10 % de la production de biométhane du pays en 2019, ont ainsi été établis.

Parmi eux, celui qui unit Butagaz à AgriMethaBriva, une société qui exploite un méthaniseur à Saint-Laurent-Chabreuges, en Haute-Loire. Si AgriBrivaMetha célèbre cet été le premier anniversaire de la mise en service de ses installations, le projet, démarré dix ans auparavant, n’aurait pu se faire sans l’engagement ferme d’un fournisseur de gaz. C’est en 2010 que les dix agriculteurs se réunissent pour la première fois dans le but d’évoquer l’existence de procédés de méthanisation à partir de déchets de l’agriculture.

À l’origine, un appel à projet de l’ADEME. La SARL, créée en 2013 pour produire du gaz vert et le valoriser, obtient cette même année le label GIEE (Groupements d’Intérêt Économique et Environnemental). Les subventions obtenues auprès de la CASDAR et de l’ADEME permettent de lancer le projet. La région rejoint le tour de table, qui compte également le Crédit Agricole ainsi que la BPI, qui se porte caution. Mais la mise en chantier de la petite usine, équipée de quatre silos, est conditionnée à la signature d’un premier contrat d’approvisionnement. « Nous sommes entrés en contact avec Butagaz à l’invitation de l’ADEME à l’hiver 2017-2018 et ça s’est tout de suite très bien passé », témoigne Agnès Preyssat, agricultrice.

Butagaz s’est alors engagé sur un contrat de longue durée (15 ans) qui a permis de sécuriser la viabilité industrielle et ainsi de contribuer à la vitalité économique des territoires ruraux. Car si l’offre de gaz vert, qui permet de ne pas recourir aux énergies fossiles, a une valeur ajoutée environnementale évidente, elle favorise aussi, localement, une dynamique d’économie circulaire et de valorisation de déchets tout en apportant des compléments de ressources. « Cette installation fabrique du biométhane à partir de lisier et de fumier, mais aussi des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE), telles que le seigle ou le sorgho », explique Agnès Preyssat. Dans les zones dites vulnérables, les agriculteurs ont en effet l’obligation de planter des cultures pour ne pas laisser les sols nus, afin d’éviter leur lessivage. Au lieu d’être semées à perte, ces cultures sont désormais versées dans le méthaniseur. Outre le bénéfice tiré de la vente du gaz, les associés espèrent également réaliser des économies d’engrais. Le coproduit du méthane issu de la fermentation des effluents d’élevage et des cultures intermédiaires, le digestat, pouvant être épandu pour la fertilisation des terres. «Le fait de contribuer à l’agroécologie entre également en ligne de compte dans nos motivations », précise Agnès Preyssat.

Élu maire de Saint-Laurent-Chabreuges en 2014, Gaston Farget soutient d’emblée le projet. Il se montre sensible aux arguments des agriculteurs associés dans la SARL : « Ils cherchaient des revenus complémentaires pour pérenniser leurs activités. Or dans la région, les exploitations ont tendance à disparaître au moment du changement de génération, les enfants ne souhaitant pas reprendre l’affaire familiale » expose-t-il. Et de saluer : « Ils ont été très présents pour communiquer sur les différents aspects de l’installation. Cela a permis d’établir de bonnes relations entre eux et les habitants. » Les nuisances s’avèrent, du reste, assez faibles. L’objectif de production, atteint dès le 2e mois d’activité, doit permettre d’alimenter 800 maisons (ou 1 000 maisons basse consommation) par an.